Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/140

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bole de Matthieu : Le festin du roi (p. 400-402). On ressent de l’horreur à la lecture de ces interprétations superficielles, comme s’il s’agissait des paroles d’un curé quelconque ; on écrit ce qui vient en tête. Pour Jean Chrysostome cela signifie que les Juifs n’ont pas accepté et que les païens ont accepté, et il l’écrit sans rime ni raison, sans remarquer qu’il est dit dans le texte : les uns ont refusé et les autres ont tué. Il écrit : « C’est peu, ils ont encore tué ! » Et ces sottises et ces écarts du sens se répètent depuis mille ans.

Voici ce que dit l’Église :

Cette parabole présente, évidemment, la répudiation des Juifs et l’appel des païens. L’évangile, avant tout, était destiné aux Juifs, c’est à eux qu’il était enseigné, comme au peuple élu. Mais, dans son aveuglement, il le renia. Alors, il s’est tourné vers les païens, qui l’ont accepté. Telle est la pensée principale de la parabole. Quant aux détails et aux particularités, plusieurs ne sont que de simples ornements de la parole et ne contiennent aucun enseignement mystérieux.

Appelez les élus. — Ils étaient donc prévenus que le roi, à un certain moment, donnerait un festin, et ils avaient été invités à y participer. L’invitation portée maintenant par les serviteurs, n’est donc que l’appel au festin préparé. Les Juifs, en effet, étaient prévenus par la loi et par les prophètes du royaume du messie qui devait être révélé, et ils étaient appelés à y venir. Ensuite, quand le royaume du messie fut révélé, les Juifs y furent appelés par Jean, qui les envoya tous à Christ, en disant : « Il doit grandir et moi diminuer » ; ensuite par le fils lui-même car il dit : « Venez à moi vous tous qui êtes travaillés et chargés, et je vous