Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/183

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siastiques cela signifie seulement que Jean-Baptiste a oint Jésus ; quant à la richesse et à la mendicité, il ne faut voir là qu’ornements de style.

Jésus va dans le désert, chez les mendiants, et lutte contre la séduction de la richesse ; cela ne signifie rien : c’est le diable qui tente Dieu. Jésus retourne dans le monde, renonce à la famille, à la propriété, se rapproche des mendiants, prêche ; cela montre seulement l’humilité de Dieu. Jésus dit que les riches offrandes sont odieuses à Dieu, qu’il ne se réjouit que de l’amour et de la miséricorde des hommes les uns envers les autres : ce n’est qu’une citation des Prophètes. Jésus explique que le royaume de Dieu consiste à renoncer à la vie de la chair et à vivre par l’esprit : ce n’est que l’explication des rapports entre les personnages de la Sainte Trinité, et rien de plus.

Jésus, répondant aux disciples de Jean, dit que les mendiants apprendront aussi leur bien : cela aussi n’est qu’un ornement de la phrase. Enfin Jésus use dans sa prédication de paroles claires, accessibles à tous, en disant très nettement ce que les hommes doivent faire pour exécuter sa doctrine. Ce sermon est considéré par les savants et les autres comme le passage le plus lumineux et le plus net de l’Évangile. Jésus commence sa prédication par les paroles : « Bienheureux mendiants et chemineaux, parce que le royaume de Dieu est le vôtre ; et malheureux sont les