Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/184

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riches, parce qu’ils tiennent trop aux récompenses de ce monde ». À ces paroles on ajoute τῷ πνεύματι, qui n’est lié à rien, et toutes ces paroles sont interprétées comme une phrase sentimentale se rapportant à l’humilité. Et que la richesse, la propriété, soient la source du mal et de la cruauté, cela Jésus ne le dit pas ; ce n’est pas Christ qui a dit tout cela, mais Proudhon. Et Proudhon, socialiste et athée, ment.

De toute la prédication on n’explique et n’affirme que cette doctrine du désintéressement. Dans le chapitre v, les commandements qui sont donnés ont pour conséquence l’impossibilité de la propriété. Si l’on pardonne toutes les offenses, si l’on ne se défend pas, si l’on ne va pas chez le juge, la propriété est impossible. Mais on rejette tous ces préceptes, ne leur attribuant qu’une portée sentimentale.

Dans le chapitre vi il est dit : Ne recueillez, n’amassez rien, c’est-à-dire n’ayez rien, et si vous amassez vous ne serez pas les enfants de Dieu. Enfin il est dit nettement qu’on ne peut pas servir Dieu et Mammon. Il est clair que celui qui recueille et amasse quelque chose ne l’a pas donné aux mendiants. Et cependant il y a toujours des mendiants. C’est pourquoi on ne peut pas amasser. Du reste, cela n’a aucun sens, puisque nous sommes soumis au pouvoir de Dieu : on amassera et on mourra. Il ne faut même pas se soucier du