Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/218

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


fortune aux malheureux, et je récompenserai au quadruple celui à qui j’aurai fait tort durant ma vie. Et Jésus dit : Voilà un homme qui accomplit la volonté du Père, car il n’est pas de situation dans laquelle la volonté du Père soit exécutée, mais toute notre vie est son accomplissement, et cet homme l’a compris.

La volonté du Père, dans la vie, est que les hommes retournent à cette volonté.

Le bien ne se peut mesurer. On ne peut pas dire qu’on en a fait plus ou moins. La veuve qui donne son dernier sou donne plus que le riche qui apporte des milliers. De même on ne peut mesurer le bien par l’utile et l’inutile. L’exemple de la manière de faire le bien nous est donné par cette femme qui eut pitié de Jésus, et, follement, répandit sur lui une huile valant trois cents roubles. Judas trouve qu’elle a fait une sottise, qu’avec cet argent on aurait pu nourrir plusieurs personnes. Mais Judas est un voleur. Il a menti. En parlant de l’utilité terrestre, il ne pensait pas aux mendiants. Ce n’est ni l’utilité, ni la quantité qui sont importantes ; c’est la volonté du Père : Aimer, et vivre pour les autres.


Une fois, la mère et les frères de Jésus vinrent pour le voir, mais ils ne purent arriver jusqu’à lui, tant il y avait de gens qui l’entouraient. Un homme les ayant vus s’approcha de Jésus et lui