Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/221

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de l’esprit, c’est bien ; mais si nous donnons tout et que cette vie n’existe pas ?

À cela Jésus dit : Vous savez que l’accomplissement de la volonté du Père donne la vie à tous ; mais vous vous écartez de cette vie par des soins faux et renoncez à elle. Ce que vous faites est semblable à ceci : Un maître ayant fait préparer un dîner fit chercher les invités. L’un dit : J’ai acheté des terres, je les dois aller voir ; un autre dit : J’ai acheté des bœufs, il me faut les soigner ; un autre dit : Je viens de me marier, il faut faire les noces. Les serviteurs revinrent dire au maître qu’aucun des invités ne venait. Alors le maître envoya ses serviteurs quérir les mendiants. Ceux-ci acceptèrent, mais quand tous furent là, il restait encore de la place. Le maître en envoya chercher d’autres encore. Il dit : Va, prie-les tous de venir à mon repas, afin que j’aie beaucoup de convives et que ceux qui ont refusé par manque de temps, n’y trouvent plus de place.

Tous savent que l’accomplissement de la volonté de Dieu donne la vie, mais ils ne la font pas, distraits qu’ils sont par la tromperie de la richesse. Et Jésus dit ; Prenez garde à la richesse, car ce n’est pas de ce que tu possèdes de plus que les autres que vient ta vie.

Il y avait un homme riche qui gardait chez lui beaucoup de blé. Il se dit ; Si je construisais de vastes hangars et amassais là mes richesses ? Et je