Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/223

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Nous sommes ainsi tant que nous vivons de la chair et n’apportons pas le fruit de la vie ; nous sommes le pommier stérile. C’est par une faveur quelconque qu’on nous a laissés encore un été ; mais si nous ne portons pas de fruits, nous périrons comme celui qui a construit le hangar, comme les Galiléens, comme les dix-huit personnes écrasées par la tour, comme tous ceux qui ne donnent pas de fruits et périssent pour toujours.

Pour comprendre cela, il ne faut aucune sagesse particulière ; chacun le voit de lui-même. Nous pouvons deviner et raisonner d’avance non seulement en ce qui concerne nos affaires de famille, mais les phénomènes de la nature. Si le vent souffle de l’ouest, nous disons qu’il pleuvra, et cela arrive ainsi ; quand le vent vient du midi, nous disons que nous aurons le beau temps, et il en est ainsi. Nous pouvons donc prévoir le temps et nous ne pouvons pas savoir d’avance que nous tous mourrons et périrons et que le seul salut pour nous c’est la vie de l’esprit, l’accomplissement de sa volonté.

Jésus était suivi d’une multitude de peuple. Une fois il leur dit à tous : Celui qui veut être mon disciple doit ne compter pour rien son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses soeurs, et toute sa fortune, et à chaque instant, il doit être prêt à tout. Celui seul qui fait ce que je fais suit ma doctrine, et c’est lui qui sera sauvé de la mort.