Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/225

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d’être chassé par le maître et de rester sans pain ni asile.

Alors il pensa : Voici ce que je ferai : je distribuerai en cachette, aux paysans, une partie des biens du maître, je leur diminuerai leurs dettes, et alors, si le maître me chasse, les paysans, se souvenant de mes bienfaits, ne m’abandonneront pas. Ainsi fit l’employé. Il appela les paysans, les débiteurs du maître, et leur fit de nouveaux reçus. À celui qui devait cent, il marque cinquante ou soixante ; à d’autres, vingt, etc.

Le maître ayant appris cela se dit : Il a agi fort intelligemment, autrement, il aurait été obligé de mendier. Pour moi c’est un préjudice, mais selon ses calculs, il a été habile. Car dans la vie ordinaire nous tous comprenons quel est le calcul juste ; mais dans la vie de l’esprit nous ne voulons pas le comprendre.

C’est ainsi qu’il nous faut agir avec la richesse injuste, la donner afin de recevoir la vie de l’esprit ; et si nous lésinons, pour la vie de l’esprit sur des choses mesquines comme les richesses, nous ne l’aurons pas. On ne peut servir deux maîtres à la fois : Dieu et la richesse ; la volonté du père, et la nôtre. Il faut choisir.

Les orthodoxes entendent cela ; mais comme ils aiment la richesse, ils se moquent de Jésus.

Jésus leur dit : Vous vous croyez respectables parce que les hommes vous respectent à cause de