Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/27

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


qui brûle, éclairant ceux qui sont proches d’elle.

Si ce n’eût été qu’une doctrine religieuse sur la venue de Dieu dans le monde pour sauver les hommes, personne ne la connaîtrait, de même que nous ignorons les croyances des Zoulous et des Tchouvaches, et personne ne s’en soucierait. Non seulement elle se serait éteinte, mais ne se fût même jamais enflammée.

Si ce n’avait été qu’une doctrine sociale, révolutionnaire, après s’être enflammée, depuis longtemps elle se serait éteinte, comme il est arrivé pour de pareilles doctrines en Chine et partout où il y a des hommes. Ou les pauvres se seraient emparés des biens des riches et des forts et, à leur tour, fussent devenus riches et forts, ou les riches et les forts eussent étranglé les pauvres, et l’étincelle se serait éteinte.

Mais l’étincelle ne s’est pas éteinte et elle ne s’éteindra pas parce que Jésus parle non de règles concernant la meilleure façon de vivre dans la société existante, ni de la manière de prier Dieu, ni de ce qu’est Dieu, ni des moyens de reconstruire les sociétés.

Il dit la vérité sur l’homme, sur sa vie ; et l’homme, qui a compris en quoi consiste sa vie, vivra cette vie. L’homme qui a compris le sens de la vie ne peut plus voir ce sens en autre chose. Quand il a compris qu’il y a la vie et qu’il y a la mort, il ne peut ne point aller à la vie et ne pas