Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/29

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Πλὴν ἐν τούτῳ μὴ χαίρετε, ὅτι τὰ πνεύματα ὑμῖν ὑποτάσεται· χαίρετε δὲ μᾶλλον, ὅτι τὰ ὀνόματα ὑμῶν ἐγράφη ἐν τοῖς οὐρανοῖς.


Luc, x, 17. Or les soixante et douze revinrent pleins de joie, lui disant : Seigneur, les démons mêmes nous sont assujettis par votre nom. Et ces soixante-dix hommes rentrèrent avec joie et dirent : Maître, le mal 1) nous obéit par ta force.
18. Il leur répondit… Il leur répondit 2)…
20. Cependant ne vous réjouissez point de ce que les esprits impurs vous sont assujettis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. Mais ne vous réjouissez point de ce que le mal 3) vous obéit ; réjouissez-vous de ce que vous êtes vous-mêmes dans le royaume du ciel 4).

Remarques.

1) On trouve dans le verset 17 : τὰ δαιμόνια, et dans le verset 20 τὰ πνεύματα. Sans les versets 18 et 19, incompréhensibles, personne n’aurait eu l’idée de traduire ces deux mots grecs par démon ; on aurait traduit par le pluriel, c’est-à-dire les âmes des hommes. Le sens paraît donc celui-ci : que les hommes sont méchants et que le mal se soumet à sa doctrine.

2) J’omets les versets 18 et 19, non qu’ils présentent quelque contradiction avec la doctrine, mais parce que, dans la rédaction où ils nous sont parvenus, ils sont incompréhensibles.

3) Que sont donc ces esprits, πνεύματα ? Ce mot se rencontre chez Matthieu, Marc, Luc, Jean, dans les Épîtres, dans les Actes, et partout dans le même sens, dans le sens de force immatérielle de l’esprit, mais de l’esprit malin, non de l’esprit