Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/327

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naire que l’Église nous impose, cette insanité ne nous frappe pas d’un coup. Je ne crois donc pas superflu d’expliquer comment je comprends de pareils récits sur le miracle.

Lazare, un homme de la vie duquel on ne nous dit rien, est mort. Son corps dans le cercueil est déjà en décomposition quand arrive Jésus. Jésus prononce quelques paroles et Lazare ressuscite, et ce fait doit me prouver que Jésus était le fils de Dieu et qu’il est venu nous sauver et nous enseigner la doctrine de la vérité.

Tout d’abord, que signifie ressusciter un mort ? Si un homme est mort et se putréfie, cela signifie que la vie charnelle est terminée. L’homme se remet à vivre. Que signifie cela ? Ou bien l’homme n’est pas mort, c’est-à-dire n’a pas passé le processus de la mort, ou il est arrivé quelque chose qui détruit ma conception de la vie et de la mort, c’est-à-dire que, pour moi, il n’y a plus de différence entre la vie et la mort. Dans les deux cas, il n’y a rien d’étonnant. S’il n’est pas mort, toute discussion est inutile ; si mes conceptions de la mort et de la vie charnelle ne sont pas justes, il n’y a pas non plus de quoi s’étonner.

Mais oublions ce raisonnement et disons que la résurrection est la manifestation de la puissance de Dieu. S’il en est ainsi, alors avec la puissance de Dieu nous pensons involontairement à sa sagesse, et nous devons nous demander pourquoi