Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/383

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restre n’est que le commencement d’une demeure que nous ne pouvons terminer, et que son sens n’est que la possibilité de la vie en Dieu, qui ne se détruit pas. Il faut profiter de cette possibilité ; en cela seul est la vraie vie. Est-ce bien ou mal, cela nous plaît-il ou non, le trouvons-nous juste ou non, qu’importe, c’est ainsi et il n’y a rien d’autre. Quand nous le trouvons injuste c’est que nous y appliquons la mesure terrestre. Et dans la vraie vie il n’existe ni plus grand ni plus petit. Il dit : Le bon maître paie à tous également, à ceux qui travaillent depuis l’aube comme à ceux qui ne travaillent que le soir. Et c’est parce que le maître est bon que tu t’offenses. On voit que tu es méchant si tu ne peux comprendre le vrai bonheur qui ne se mesure pas, n’est pas récompensé, mais qui se répand partout et toujours. Et il leur dit : Tu demandes quelle récompense tu auras ? Alors tu veux la récompense pour toi, de quelqu’un, pour quelque chose. Pourquoi donc, selon toi, dois-tu recevoir une récompense ? Parce que tu fais précisément ce qui t’est nécessaire, qu’il est inévitable de faire pour vivre ; c’est pour cela qu’il te faut récompenser ? Si tu veux envisager Dieu comme un serviteur envisage son maître, soit. Le serviteur travaille ; on le nourrit pour son travail, et c’est tout. Peut-être voudrait-on être assis sur un trône au ciel, avoir une centaine de femmes, et tout le reste, mais ce n’est pas de ma faute, ce n’est pas moi qui