Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/68

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Dieu, et sa vie de la chair se termine avec la mort.

La vie est donnée à tous. Celui qui reconnaît en soi le fils de Dieu vivra de la vraie vie, il acquerra la vraie vie. Et la vraie vie ne peut être ni plus grande ni plus petite. Si dans la vie terrestre les uns nous paraissent avoir plus, les autres moins, les uns cinq talents, les autres deux et un, pour la vraie vie ils sont tous égaux ; ils demeurent tous dans la joie de leur maître. Seulement celui qui enfouit cette vie se prive lui-même de la vie et, du domaine de la lumière, rentre dans les ténèbres.

Cette parabole exprime encore que les conceptions des hommes sur la justice ne sont pas applicables à la question de la vie et de la mort.

La conception antique que pour tel ou tel acte Dieu punit, et pour tel autre récompense, est fausse. Il n’y a ni récompense ni punition. Qui se tient à la vie reçoit encore davantage ; tandis qu’à celui qui ne s’y tient pas on enlève ce qui lui reste. Au commencement de l’Évangile, ainsi que dans l’entretien avec Nicodème et dans tous les entretiens et paraboles, Jésus ne dit qu’une chose : la vie n’est que l’entendement. La vie n’est la vie qu’autant qu’elle est l’entendement. La vie charnelle, Jésus l’appelle animale, et il l’appelle ainsi parce que, en effet, elle n’est qu’un moment qui se termine par la mort éternelle. Il ne faut donc point croire que l’homme, avec son corps, ses membres,