Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/69

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est vivant. Non, seul est vivant celui qui reconnaît sa divinité. L’homme doit se regarder comme un être vivant non parce qu’il se meut, mange, respire, mais parce qu’il se reconnaît le fils de Dieu. Où est le commencement de tout ce monde terrestre ? nous l’ignorons et ne pouvons le savoir. Tout ce que nous connaissons c’est cet entendement qui nous est donné, et par lequel seul nous pouvons vivre.

Le maître remit les talents aux hommes, les laissa en leur possession et s’en alla. Dieu a mis en l’homme son entendement et l’a laissé dans le monde de la mort. Si les hommes ne sentent pas sur eux le pouvoir de leur maître, cependant ils ont les talents qu’il leur donna et ils doivent en faire quelque chose. Mais chacun fait de cet entendement ce qu’il veut. L’un travaille beaucoup, l’autre moins, l’autre ne fait rien, l’autre enfin ne le reconnaît pas. Mais il ne s’agit pas d’avoir travaillé il s’agit d’avoir compris que la vie est en l’homme, qu’il travaille avec ce qui est la vie et qu’il aspire à augmenter la vie.

De plus, avec les hommes il ne s’accomplit point ce que nous avons l’habitude de regarder comme juste : c’est-à-dire qu’à un grand travail corresponde une grande récompense ; que l’homme qui n’a rien fait de nuisible ne souffre pas ; que l’homme soit responsable de ce qu’il commet. Cela se passe ainsi quand il s’agit d’un pouvoir humain quel-