Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/70

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


conque qui punit un acte que nous jugeons mauvais et récompense ce que nous jugeons bien. Il n’en est point ainsi quand nous contemplons l’essence même de la vie.

Depuis le commencement jusqu’à la fin, Jésus dit qu’il ne peut être de récompense ou de punition, ni de la part des hommes ni de la part de Dieu. Le vrai bonheur, c’est l’entendement qui est lui-même le moyen, le but, et la vie.

Celui qui possède l’entendement et y rapporte toute sa vie, celui-ci vit. Celui qui n’a pas l’entendement et ne consacre pas ses efforts à l’entendement, celui-ci n’a pas la vie.

Du point de vue général, bien que plusieurs grains tombent sur les pierres et la route, ceux qui tombent sur la bonne terre compensent et il y a la récolte. Le grain qui tombe sur les pierres ou sur la route n’est point coupable et n’est pas puni, et ceux qui sont tombés sur la bonne terre ne sont point récompensés. Mais pour qu’il y ait récolte, il faut que les grains tombés sur la bonne terre produisent cinquante fois plus.

L’entendement dans le monde, en général, retourne à Dieu, bien que plusieurs êtres humains vivent sans cet entendement. Du point de vue personnel, on a donné à chacun un talent, on ne peut pas l’oublier. Si on l’oublie, on montre par là qu’il n’était pas nécessaire, et il sera repris. Si on l’oublie, comme ce serviteur, et qu’ensuite on se mette