Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/172

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Vous savez que votre vie matérielle finira par la mort, et vous prenez la peine de vous l’assurer par la richesse. La vie ne peut pas être assurée par ce que l’on possède. Sachez que c’est un leurre.

Le sens de la vie, dit Christ, n’est pas dans ce que nous possédons ou accumulons ; il doit être dans quelque chose d’autre.

Il dit (Luc, xii, 16-21) : Les terres d’un homme riche avaient rapporté avec abondance ; (17) et il disait en lui-même : Que ferai-je ? car je n’ai pas assez de place pour serrer toute ma récolte. (18) Voici, dit-il, ce que je ferai : J’abattrai mes greniers et j’en bâtirai de plus grands, et j’y amasserai toute ma récolte et tous mes biens ; (19) puis je dirai à mon âme : Mon âme tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années ; repose-toi, mange, bois et te réjouis. (20) Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette même nuit ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as amassé, pour qui sera-t-il ? (21) Il en est ainsi de celui qui amasse des biens pour soi-même, et qui n’est point riche en Dieu.

La mort nous menace à chaque instant. Il dit (Luc, xii, 35, 36, 38, 39, 40) : Que vos reins soient ceints et vos chandelles allumées. (36) Et soyez comme ceux qui attendent que leur maître revienne des noces, afin que, quand il viendra et qu’il heurtera à la porte, ils lui ouvrent aussitôt. (38) Que s’il arrive à la seconde ou à la troisième veille, et qu’il