Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/225

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


doute, si l’on s’en rapporte à ses paroles sur ce sujet, au sens de toute sa doctrine, à toute son existence ainsi qu’à celle de ses disciples. Mais est-ce exact ?

Si l’on approfondit abstraitement la question de savoir laquelle des deux situations sera la meilleure : celle des disciples de Christ ou celle des disciples du monde, il paraîtra évident que la situation des disciples du Christ est préférable parce que, faisant le bien à tous, ils n’éveilleront la haine de personne. Les disciples de Christ, ne faisant de mal à personne, ne peuvent être persécutés que par les méchants ; les disciples du monde, au contraire, doivent être persécutés par tous : la loi des disciples du monde étant la loi de la lutte, c’est-à-dire de la persécution mutuelle. Quant aux souffrances accidentelles — elles sont les mêmes pour les uns comme pour les autres, avec cette différence que les disciples de Christ y seront préparés tandis que les disciples du monde feront tous les efforts possibles pour les éviter, et encore : que les disciples du Christ, en souffrant, sentiront que leurs souffrances sont utiles au monde tandis que les disciples du monde ne sauront pas pourquoi ils souffrent. Ainsi, en raisonnant abstraitement, la situation des disciples de Christ doit être plus avantageuse que celle des disciples du monde. Mais en est-il réellement ainsi ?

Pour savoir s’il en est ainsi dans la réalité, que