Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/278

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saines ; pourquoi organisez-vous vos tribunaux ridicules et envoyez-vous des gens, que vous considérez comme criminels, de France à Cayenne, de Russie en Sibérie, d’Angleterre en Australie, bien que vous sachiez que c’est insensé ; pourquoi abandonnez-vous l’agriculture, que vous aimez, pour travailler aux fabriques et aux usines que vous n’aimez pas ; pourquoi élevez-vous vos enfants de façon qu’ils continuent à mener cette existence que vous n’approuvez pas ; pourquoi faites-vous tout cela ? À tout cela vous ne pouvez ne point répondre. Si tout cela était quelque chose d’agréable, que vous aimiez, même alors vous seriez tenus de dire pourquoi vous agissez ainsi. Mais puisque ces choses sont excessivement difficiles et que vous les accomplissez en peinant et murmurant, vous ne pouvez pas ne pas réfléchir sur le motif qui vous porte à les faire. Il faut ou cesser de faire ces choses ou expliquer pourquoi nous les faisons. Jamais les hommes n’ont vécu et ne peuvent vivre sans répondre à cette question. À toutes les époques, on trouve une réponse.

Le Juif vivait comme il vivait, c’est-à-dire faisant la guerre, exécutant des hommes, bâtissant le temple, organisant toute son existence d’une certaine façon et pas autrement, parce que tout cela était inscrit dans la loi que Dieu lui-même, à ce qu’il croyait, avait promulguée. On peut dire la