Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/301

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ce que cet état soit troublé par le mensonge, les chimères, les tentations.

Mais, non seulement Christ m’a montré cela, il m’a encore clairement, sans erreur possible, énuméré dans ses commandements toutes les tentations qui me font perdre cet état naturel d’union, d’amour et de bonheur, en faisant de moi la proie du mal. Les commandements de Christ me donnent des remèdes pour échapper aux tentations qui me privent de mon bien, c’est pourquoi je ne puis pas ne pas croire à ces commandements.

Le bien de la vie m’avait été donné, et je le détruisais moi-même. Christ m’a montré, dans ses commandements, les tentations par lesquelles je détruis mon bien ; par conséquent je ne puis plus faire ce qui détruit mon bien. C’est en cela et en cela seul que consiste ma foi.

Christ m’a montré que la première tentation qui détruit mon bien, c’est mon hostilité envers les hommes, ma colère contre eux. Je ne puis pas ne pas croire à cela, c’est pourquoi je ne puis plus, sciemment, rester en état d’hostilité envers les autres ; je ne puis plus, comme je le faisais auparavant, jouir de ma colère, en être fier, l’attiser, la justifier en me considérant comme un être supérieur, intelligent, et en regardant les autres comme des gens insignifiants — misérables et insensés ; maintenant, quand je cède à la colère, je ne puis plus ne pas me reconnaître seul coupable