Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/328

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— c’est-à-dire qui a établi son rapport envers Dieu, et sait que la foi est le rapport de l’homme envers Dieu, — ne peut pas désirer établir le rapport d’un autre homme envers Dieu, par la violence ou la tromperie. C’est impossible mais cela se fait partout et toujours ; c’est-à-dire cela ne peut pas se faire, parce que c’est impossible, mais il se fait quelque chose y ressemblant beaucoup. Il s’est fait et il se fait que des hommes imposent aux autres un semblant de foi ; et les autres acceptent ce semblant de foi, — c’est-à-dire la tromperie religieuse.

La foi ne peut être imposée, de même qu’elle ne peut être acceptée ni par la violence, ni par la tromperie, ni par l’intérêt ; il ne s’agit donc pas de la foi, mais de la tromperie de la foi, et cette tromperie de la foi est l’ancienne condition de la vie de l’humanité.

En quoi donc consiste cette tromperie et sur quoi est-elle basée ? Par quoi est-elle excitée chez les trompeurs, par quoi se maintient-elle chez les trompés ? Je ne parlerai pas du brahmanisme, du bouddhisme, du confucianisme, du mahométisme, où se sont produits les mêmes phénomènes, non parce qu’il est impossible d’y trouver la même chose, — pour tous ceux qui ont étudié ces religions il est clair qu’il s’y est produit la même chose que dans le christianisme, — mais je parlerai exclusivement du christianisme, religion qui nous est connue, nécessaire et chère. Dans le christia-