Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/329

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nisme toute la tromperie est basée sur la conception fantaisiste de l’Église, conception qui ne repose sur rien et qui frappe, au début de l’étude du christianisme, par son insanité inattendue et inutile.

Parmi toutes les conceptions et paroles athées, il n’y en a pas de pires que celles de l’Église. Il n’y a pas de conception qui ait engendré plus de mal, il n’y en a pas de plus contraire à la doctrine du Christ. En réalité, le mot Ecclesias signifie réunion et pas plus, et c’est ainsi qu’il est employé dans les évangiles. Dans les langues de tous les peuples nouveaux, le mot ecclesias signifie lieu de prières.

Malgré les quinze cents ans que dura la tromperie de l’Église, ce mot n’a pénétré dans aucune langue en d’autre sens. Selon les significations que donnent à ce mot les pontifes auxquels est nécessaire la tromperie de l’Église, il résulte que ce mot n’est rien d’autre que cet avertissement : Tout ce que je dirai maintenant, c’est la vérité, et si tu ne crois pas, je te brûlerai, ou te maudirai ou t’insulterai de toutes les manières. Cette conception est un sophisme nécessaire pour certain but dialectique et elle reste le bien de ceux à qui elle est nécessaire. Dans le peuple, et non seulement dans le peuple, mais dans la société, dans les milieux instruits, cette conception, bien qu’on l’enseigne dans le catéchisme, n’existe nulle part. Quelque honteux qu’il soit de discuter sérieu-