Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/333

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La conception de l’Église vraie fut encore employée comme palliatif entre les discordants. Mais jusqu’à Constantin et jusqu’au Concile de Nicée l’Église n’est qu’une conception ; et depuis Constantin et le concile de Nicée, elle devient une institution et une institution de mensonge. Or, que dire de cette tromperie du Métropolite avec les reliques, des prêtres avec l’Eucharistie, du Saint-Synode, etc., qui frappe et terrifie tant et ne trouve pas l’explication suffisante de son ignominie dans le seul avantage de ces personnes. Cette tromperie est ancienne et elle n’a pas commencé par les seuls avantages de quelques individus : il n’y a pas de monstre pouvant se décider à agir ainsi le premier, s’il n’y avait pas d’autres causes. Les causes qui amenèrent cela étaient mauvaises : « à leur fruit vous les reconnaîtrez. »

Leur origine fut le mal, la haine, l’orgueil, l’hostilité contre Arius et les autres et, mal encore plus grand : l’union des chrétiens avec le pouvoir. Le pouvoir, c’est Constantin, qui, selon la conception païenne, est au sommet de la grandeur humaine (il est considéré comme un Saint) ; il accepte le christianisme, donne l’exemple à tout le peuple, le convertit, prête main-forte contre les hérétiques, établit par un concile universel la seule religion vraie, chrétienne.

La religion catholique, chrétienne est établie pour toujours. Il était si naturel de se laisser