Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/335

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soins, et demander nettement la signification de ces sciences historiques et juridiques qu’on nous enseigne. Ces sciences n’ont aucune base, toutes ne sont rien que l’apologie de la violence.

Passant l’histoire des Perses, des Mèdes, etc., arrêtons-nous à l’histoire de cet État qui le premier conclut alliance avec le christianisme.

À Rome il y avait un nid de brigands, il s’agrandit par le pillage, la violence, le meurtre ; il conquit tous les peuples. Les brigands et leurs descendants, avec des chefs appelés ou César ou Auguste, pillaient et torturaient les peuples pour la satisfaction de leurs plaisirs. Un des héritiers de ces chefs de brigands, Constantin, après avoir lu beaucoup de livres et s’être rassasié de la vie de débauches, préféra quelques dogmes du christianisme aux anciennes croyances : aux victimes humaines il préféra la messe ; à l’adoration d’Apollon, de Vénus et de Zeus, il préféra celle du Dieu unique et de son fils Christ ; et il ordonna d’introduire cette religion parmi ceux qu’il tenait en son pouvoir.

« Les rois régnent sur les peuples, et parmi vous qu’il n’en soit pas ainsi. Ne tue point, ne commets pas l’adultère, n’aie pas de richesses, ne juge pas, ne condamne pas, souffre le mal. » Personne ne lui dit cela. Mais on lui dit : « Tu veux t’appeler chrétien et continuer d’être chef de brigands : battre, incendier, faire la guerre, vivre dans la