Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/62

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personne ne songe à mettre en pratique ce que Christ enseigne. Et, avant même d’avoir tenté de le faire, croyants et incrédules décident que c’est impossible.

Christ dit simplement et clairement : La loi de la résistance au méchant par la violence, dont vous avez fait la base de votre existence, est fausse et contraire à la nature, et il donne une autre base — la non résistance, — qui, selon sa doctrine, peut seule délivrer les hommes du mal. Il dit : Vous croyez que vos lois, qui s’appuient sur la violence, corrigent le mal ; elles ne font que l’augmenter. Depuis des milliers d’années vous essayez de détruire le mal par le mal, et vous ne l’avez pas détruit, mais augmenté. Faites ce que je dis et ce que je fais, et vous saurez si c’est la vérité.

Et non seulement il le dit, mais il accomplit par toute sa vie et par sa mort sa doctrine de la non résistance au mal.

Les croyants écoutent tout cela, le lisent à l’église, appellent cela les paroles divines et Christ Dieu, puis ils disent : Tout cela est admirable mais impraticable, avec l’organisation de notre existence, — cela dérangerait toute notre vie ; or, nous y sommes habitués et l’aimons. En somme, nous croyons à tout cela mais en l’envisageant comme un idéal vers lequel doit tendre l’humanité, — idéal que l’on atteint en priant et en croyant aux sacrements, à la rédemption et à la résurrec-