Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/64

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croyants, ils soumettent cette doctrine, dépouillée de sa substance, à une critique approfondie ; ils la réfutent systématiquement et prouvent qu’il n’y a dans le christianisme que des idées chimériques.

Il semblerait qu’avant de juger la doctrine du Christ il faudrait avoir compris en quoi elle consiste. Pour décider si sa doctrine est raisonnable ou non, il faudrait, avant tout, reconnaître ce qu’il a dit, mais nous nous en gardons bien, et les commentateurs de l’Église, les croyants, les libres penseurs, s’en gardent bien aussi. Et nous savons parfaitement pourquoi.

Nous savons parfaitement que la doctrine du Christ a toujours compris et nié toutes les erreurs humaines, tout ce « tohu », ces idoles creuses que nous voudrions excepter du nombre des erreurs en les appelant Église, État, culture, science, art, civilisation. Mais Christ parle précisément contre tout cela, sans excepter n’importe quel « tohu ».

Non seulement Christ, mais tous les prophètes hébreux, — Jean-Baptiste, tous les vrais sages du monde parlent de cette même Église, de ce même État, de cette même culture, de cette même civilisation en l’appelant le mal, la source de perdition des hommes.

Supposons qu’un architecte dise à son propriétaire : Votre maison ne vaut rien, il faut la rebâtir de fond en comble. Après quoi, il ajoute des détails sur les poutres à déplacer et indique com-