Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/70

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une personne de la Trinité, s’est incarné pour racheter le péché d’Adam ; ce Dieu, on nous a appris à le croire, a dit quelque chose de mystérieux et de mystique, quelque chose qu’il est difficile de comprendre, qu’on ne peut comprendre qu’à l’aide de la foi et de la grâce, et tout à coup, les paroles de Dieu se trouveraient être si simples, si claires, si raisonnables. Dieu dit simplement : Ne faites pas le mal — le mal n’existera pas. La révélation de Dieu est-elle vraiment aussi simple ? Dieu n’a dit que cela ! Mais chacun sait cela : c’est si simple.

Le prophète Élie, fuyant les hommes, se réfugia dans une caverne, et il lui fut révélé que Dieu lui apparaîtrait à l’entrée de la caverne. Une tempête survint — les arbres furent brisés. Élie pensa que c’était Dieu et alla voir ; mais Dieu n’était pas là. Ensuite survint un orage, le tonnerre et les éclairs étaient épouvantables. Élie sortit encore pour voir si Dieu n’était pas là. Dieu n’était pas dans l’orage. Puis il y eut un tremblement de terre : la terre vomissait du feu, les roches se fendaient, les montagnes s’écroulaient. Élie regarda, mais Dieu n’était point là. Enfin le calme se fit, et une brise légère apporta au prophète la fraîcheur des champs. Élie regarda — Dieu était là. Il en est ainsi pour les paroles simples de Dieu : ne résistez pas au méchant.

Elles sont bien simples, mais elles sont pourtant l’expression de la loi divine et humaine unique et