Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/83

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cile à supposer. Mais parmi le peuple juif qui n’avait qu’une loi, une loi divine, qui embrassait toute la vie dans ses moindres détails, parmi un pareil peuple qu’aurait pu enseigner un réformateur qui aurait déclaré d’avance que toute cette loi du peuple parmi lequel il venait enseigner était inviolable ? Mais admettons que cela encore ne soit pas une preuve. Que ceux qui interprètent les paroles du Christ de telle façon qu’il confirme toute la loi de Moïse expliquent donc quels sont ceux contre qui Christ, de toute son activité, se révoltait, qu’il appelait pharisiens, docteurs, scribes ?

Quels sont donc ceux qui ont repoussé la doctrine de Christ et, leurs grands-prêtres en tête, l’ont crucifié ? Si Christ acceptait la loi de Moïse où donc étaient les fidèles observateurs de cette loi que Christ aurait encouragés pour cela ? Se peut-il qu’il n’y en eût pas un seul ?

Les pharisiens, nous dit-on, étaient une secte. Les Juifs ne disent pas cela. Ils disent : les pharisiens sont de fidèles observateurs de la loi. Mais admettons que c’est une secte. Les Sadducéens étaient aussi une secte. Où donc étaient les non sectaires, les fidèles ?

Selon l’évangile de Jean, tous les ennemis de Christ sont appelés juifs. Ils sont opposés à la doctrine de Christ ; ils lui sont hostiles seulement parce qu’ils sont juifs. Mais, dans les Évangiles, ce ne sont pas seulement les pharisiens et les Saddu-