Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol26.djvu/108

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et aux séductions qui s’imposent à eux, et, en livrant leurs richesses, ils restent avec le déficit et il leur faut aller où sont amassées ces richesses, et, là-bas, ils essayent de gagner l’argent qui leur est nécessaire pour les premiers besoins à la campagne, et eux-mêmes se laissent entraîner un peu aux plaisirs de la ville, en profitant, avec les autres, des richesses amassées.

Partout, dans toute la Russie et, je pense, non seulement en Russie, mais dans le monde entier, il se passe la même chose : les richesses des producteurs des villages passent entre les mains des commerçants, des propriétaires, des fonctionnaires, des fabricants, et les gens qui ont reçu ces richesses veulent en profiter. Et ils ne peuvent jouir complètement de ces richesses qu’en ville. À la campagne : 1o à cause de la rareté de la population il est difficile de trouver la satisfaction de tous les besoins des gens riches. Il n’y a pas des ateliers de toutes sortes, des boutiques, des banques, des restaurants, des théâtres, des plaisirs publics ; 2o un des plaisirs principaux fournis par les richesses : l’ambition, le désir de surpasser les autres, à cause de la rareté de la population peut, à grand peine, se satisfaire à la campagne. On n’y apprécie pas le luxe, il n’y a personne à étonner ; les quelques tableaux, bronzes, équipages, dentelles, que l’habitant de la campagne emploie pour son ornement, il n’y a