Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol26.djvu/122

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les riches savent faire tout cela. Il en va de même avec l’habit. Si un homme riche portait l’habit ordinaire, seulement pour se protéger le corps du froid : les pelisses, les bottes, les blouses, les pantalons, les chemises, il lui faudrait très peu et il ne pourrait pas, ayant deux pelisses, n’en pas donner une à qui n’en aurait pas. Mais l’homme riche commence par se faire faire des habits composés de diverses parties et bons seulement dans des cas particuliers, c’est pourquoi ils ne conviennent pas aux pauvres. Il a des fracs, des gilets, des jaquettes, des souliers vernis, des souliers à talons français, des robes coupées, à cause de la mode, à petits morceaux, des petites vestes de chasse, de voyage, etc., qui ne peuvent trouver leur emploi que dans les milieux très éloignés de la pauvreté. Et l’habit devient ainsi un moyen de se séparer des pauvres. Et voilà que paraît la mode, qui précisément sépare les pauvres des riches. La même chose est encore plus évidente avec les logements. Il ne faut pas que ceux qui vivent à dix dans une chambre voient dix chambres habitées par une seule personne. Plus l’homme est riche, plus il est difficile d’arriver à lui, plus il y a de domestiques entre lui et le pauvre, plus il devient impossible à l’homme pauvre de marcher sur le tapis, de s’asseoir sur les sièges de soie. De même avec les moyens de locomotion. Le paysan qui va en chariot ou en traîneau doit être très cruel pour ne pas laisser