Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/103

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XII


Vanucha qui, pendant ce temps, avait réussi à mettre le logis en ordre, même à se faire raser chez le barbier de la compagnie et à tirer ses pantalons par dessus ses bottes, en signe que la compagnie est dans un bon quartier, était maintenant d’excellente humeur. Avec attention, mais sans bienveillance, il examina Erochka comme un fauve étrange, hocha la tête en regardant le plancher maculé sous ses pas, et, prenant au dessus du banc deux bouteilles vides, il partit trouver le maître de la maison.

— Bonjour, les aimables dames, — dit-il en se décidant à être particulièrement doux — mon maître m’a ordonné d’acheter du vin, donnez-m’en, mes bonnes.

La vieille ne répondit rien. La fille qui se trouvait devant un petit miroir tatar entourait sa tête d’un fichu. En silence elle se tourna vers Vanucha.