Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/104

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— Je paierai, mes respectables dames — dit Vanucha en faisant tinter dans sa poche la monnaie de cuivre. — Soyez bonnes et nous serons bons, ce sera mieux — ajouta-t-il.

— En faut-il beaucoup ? — coupa court la vieille.

— Un litre.

— Va, ma chérie, va le tirer — dit la vieille Oulita en s’adressant à sa fille ; tire du tonneau commencé, ma chérie.

La fille prit la clef et le carafon, et, avec Vanucha, sortit de la cabane.

— Dis moi, s’il te plaît, qui est cette femme ? — demanda Olénine en désignant Marianka, tandis qu’elle passait devant la fenêtre.

Le vieux cligna des yeux et du coude poussa le jeune homme.

— Attends ! — et se penchant à la fenêtre — Hum ! hum ! Marianouchka ! hé Marianka ! aime-moi, ma petite âme ! Je suis farceur — chuchotat-il en s’adressant à Olénine.

La fille, sans tourner la tête, en agitant les bras régulièrement et fort, passait devant la fenêtre avec cette allure élégante, décidée, particulière aux femmes cosaques. Lentement, elle leva seulement sur le vieux, ses yeux noirs, voilés.

— Aime-moi, tu seras heureuse ! — cria Erochka, et en clignant des yeux il regarda interrogativement Olénine. — Je suis un gaillard, un farceur — ajouta-t-il. — La fille est belle, hein ?