Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/148

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


lard et le son de sa voix, l’emplirent de gaîté.

— Vite ! Vite, Vanucha ! — cria-t-il.

— C’est comme ça que tu vas à la chasse ! Les gens s’apprêtent à déjeuner, et toi tu dors ! Liam ! Pst ! — cria-t-il à son chien. — Ton fusil est-il prêt ? — demanda le vieillard en faisant autant de bruit que si une foule entière eût été dans l’izba.

— Pardon, je suis coupable, il n’y a rien à faire. Vanucha ! La poudre, la bourre ! — dit Olénine.

— Une amende ! — cria le vieillard.

Du thé, voulez-vous ? — dit en français Vanucha en souriant.

— N’es-tu pas des nôtres ? Tu ne parles pas comme nous, diable ! — lui cria le vieillard en montrant les chicots de ses dents.

— Pour la première fois, il faut pardonner, — plaisantait Olénine en mettant ses grandes bottes.

— Pour la première fois on te pardonne, — répondit Erochka. — Et une autre fois, si tu dors si tard, tu paieras un seau de vin d’amende. Quand le soleil sera levé, déjà tu ne trouveras plus le cerf.

— Et si même on le trouve, il est plus rusé que nous ; on ne le trompera pas, — fit Olénine se rappelant les paroles prononcées dans la soirée par le vieillard.

— Oui, ris, toi ! Voilà, quand tu tueras, alors tu parleras. Eh bien, vite ! Regarde, tiens, ton propriétaire vient chez toi, — dit Erochka qui regardait à la fenêtre. — Regarde comme il s’est ha-