Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/185

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tre, pas mauvais bien que pas tout jeune, et il lui en fit présent.

— Pourquoi me faites-vous un cadeau ? — demanda Loukachka. — Je ne l’ai encore mérité par rien.

— Vraiment, ce n’est rien, — répondit Olénine. — Prends, tu me donneras aussi quelque chose… Voilà, quand nous irons en expédition.

Loukachka était confus.

— Mais voyez ce que c’est. Est-ce que le cheval coûte peu ? — dit-il, sans le regarder.

— Prends donc, prends, sinon tu m’offenseras. Vanucha ! donne-lui le cheval bleu.

Loukachka prit la bride.

— Eh bien, je vous remercie. Ma foi, je ne pensais pas, je ne m’attendais pas…

Olénine était heureux comme un garçon de douze ans.

— Attache-le ici, c’est un bon cheval. Je l’ai acheté à Groznaïa, il trotte admirablement. Vanucha ! donne-nous du vin. Entrons dans la cabane.

On apporta le vin. Loukachka s’assit et prit une coupe.

— Dieu me donnera l’occasion de vous revaloir ça, — dit-il en buvant du vin. — Comment t’appelles-tu ?

— Dmitrï Andréitch.

— Eh bien ! Dmitrï Andréitch, que Dieu te garde !