Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/186

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Nous serons des kounak. Maintenant, viens chez nous de temps en temps. Bien que nous ne soyons pas riches, nous avons toujours de quoi régaler le kounak. Je donnerai aussi l’ordre à ma mère, si tu as besoin de quelque chose, de fromage ou de raisins, et si tu viens au cordon, je serai ton serviteur ; à la chasse, de l’autre côté du fleuve, où tu voudras. Quel sanglier j’ai tué l’autre jour ! Quel dommage que je l’aie partagé entre les Cosaques, sans quoi je te l’apporterais.

— C’est bon, merci ; mais n’attelle pas le cheval, il n’a jamais été au trait.

— Comment atteler le cheval ! Ah, je te dirai encore, — continua Loukachka en baissant la tête, — si tu veux, j’ai un ami : Guireï-Khan, il m’a invité à venir sur la route qui descend des montagnes. Allons, veux-tu que nous y allions ensemble ? Je ne le trahirai pas, je serai ton gardien.

— Bon, bon, un jour nous irons ensemble.

Loukachka paraissait tout à fait tranquille et semblait comprendre les rapports d’Olénine envers lui. Son calme et la familiarité de ses manières étonnaient Olénine et même lui étaient un peu désagréables. Ils causèrent longtemps, et déjà tard, Loukachka, sans être ivre, — il n’était jamais ivre, — mais après avoir beaucoup bu, serra la main d’Olénine, et se retira.

Olénine regarda par la fenêtre pour voir ce qu’il ferait en sortant de chez lui. Loukachka marchait