Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/187

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lentement, la tête baissée. Ensuite, tirant le cheval de derrière la porte, il secoua résolument la tête, grimpa sur le cheval comme un chat, jeta la bride, et en poussant un cri, s’élança dans la rue.

Olénine pensait qu’il irait partager sa joie avec Marianka, mais, bien que Loukachka ne fît pas cela, il avait l’âme à l’aise comme il ne fut jamais au monde ; il était joyeux comme un enfant, et ne put se retenir de raconter à Vanucha non seulement qu’il avait fait présent du cheval à Louka, mais aussi pourquoi il avait fait ce présent, et toute sa nouvelle théorie du bonheur. Vanucha n’approuva point cette théorie, et déclara : qu’il n’y a pas d’argène et qu’ainsi tout cela n’est qu’une bêtise.

Loukachka courut à la maison, sauta de son cheval et le donna à sa mère, avec l’ordre de le laisser dans le troupeau des Cosaques.

Lui-même était obligé, cette nuit, de retourner au cordon. La muette se chargea d’emmener le cheval, et montra par des signes, qu’aussitôt qu’elle verrait l’homme qui avait donné le cheval, elle le saluerait très bas. La vieille hocha seulement la tête au récit du fils et dans son âme elle pensa que Loukachka avait volé le cheval, aussi ordonna-t-elle à la muette de l’emmener au troupeau encore avant le lever du soleil.

Loukachka partit seul au cordon en réfléchissant à l’acte d’Olénine. Bien que, d’après lui, le che-