Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/201

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autre affaire. À la guerre comme à la guerre !

— Mais je ne connais aucune Amalia Ivanovna, et je n’ai jamais su avoir de relations avec elles — répondit Olénine. — On ne peut les estimer, et celles-là je les respecte.

— Eh bien, respectez ! Qui vous en empêche ?

Olénine ne répondit pas. Il désirait visiblement achever la conversation commencée ; elle lui tenait trop à cœur.

— Je sais que je fais exception (il était visiblement confus) mais ma vie est arrangée de telle façon que non seulement je ne vois aucun besoin de la changer, et même, je ne pourrais vivre ici, je ne dis pas déjà vivre heureux comme je le suis, mais je ne pourrais vivre comme vous. Et ensuite, je cherche en la vie tout autre chose. Je vois en elles tout à fait autre chose que vous.

Bieletzkï souleva les sourcils avec méfiance.

— Cependant venez chez moi ce soir. Marianka y sera aussi. Je vous ferai faire sa connaissance. Venez, je vous prie ! Quand vous vous ennuierez, vous partirez. Vous viendrez ?

— J’irais, mais à vrai dire, j’ai peur de m’entraîner sérieusement !

— Oh ! oh ! oh ! cria Bieletzkï. Venez seulement et je vous rassurerai. Vous viendrez ? Parole d’honneur ?

— Je viendrai, mais vraiment, je ne comprends pas ce que nous y ferons, quel rôle nous jouerons.