Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/202

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— S’il vous plaît, je vous en prie. Vous viendrez ?

— Oui, j’irai peut-être, — dit Olénine.

— Excusez, des femmes charmantes, comme nulle part ailleurs, et vivre comme un moine, quelle idée ! À quoi bon se gâter la vie et ne pas jouir de ce qu’elle donne ? Savez-vous que notre Compagnie ira à Vozdvijenskaia ?

— Je ne crois pas. On m’a dit que c’est la 8° compagnie qui ira — dit Olénine.

— Non, j’ai reçu la lettre de l’aide de camp. Il écrit que le prince lui-même fera la campagne. Nous nous reverrons. J’en suis content. Je commence déjà à m’ennuyer ici.

— On dit que bientôt nous partons en expédition.

— Je n’en ai pas entendu parler. Mais on m’a dit que Krinovitzine a reçu la croix d’Anne pour l’expédition. Il espérait être promu lieutenant, et il est bien volé — dit Bieletzkï en riant. — Il est parti à l’état-major…

Le temps s’assombrissait et Olénine commençait à songer à la soirée. L’invitation l’inquiétait. Il voulait l’accepter, mais il se sentait étrangement sauvage et peureux à la pensée de ce qui se ferait là-bas. Il savait qu’il n’y aurait ni Cosaques, ni femmes âgées, mais rien que des jeunes filles. Qu’arrivera-t-il ? Comment se conduire ? De quoi parler ? Que diront-elles ? quelles relations y a-t-il