Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/204

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croyants. C’était l’habitation de Bieletzkï, avec son lit de camp, ses malles, son petit tapis sur lequel étaient suspendues des armes ; des objets de toilette et des portraits étaient placés sur la table. Une robe de chambre en soie était jetée sur le banc. Bieletzkï lui-même, très joli, coquet, dans son linge, seul, était allongé sur le lit et lisait les Trois Mousquetaires.

Il se redressa.

— Voilà, vous voyez comme je me suis installé. Charmant ! C’est très bien que vous soyez venu. Chez elle, le travail bat déjà son plein. Vous savez comment se fait le pâté ? De la pâte, du porc et des raisins. Mais qu’importe, regardez comme ça bout là-bas.

En effet, en regardant par la fenêtre, ils aperçurent un remue-ménage extraordinaire dans la cabane du propriétaire. Les jeunes filles, tantôt avec un objet, tantôt avec un autre couraient du vestibule dans les chambres et inversement.

— Est-ce bientôt ? — cria Bieletzkï.

— Tout de suite. As-tu donc déjà faim, grand-père ? Et de la cabane on entendit un éclat de rire.

Oustenka, fraîche, grassouillette, très jolie, les manches relevées, accourut dans la cabane de Bieletzkï pour prendre des assiettes.

— Eh bien, toi ! Voilà, je casse les assiettes — fit-elle d’une voix aiguë en s’adressant à Bieletzkï