Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/205

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— Eh ! Tu ferais mieux de venir nous aider, — cria-t-elle en riant à Olénine. Prépare pour les filles les gâteaux et les bonbons !

— Marianka est-elle arrivée ? — demanda Bieletzskï.

— Sans doute. Elle a apporté la pâte.

— Vous savez — dit Bieletzkï — si l’on habillait cette Oustenka, si on la nettoyait bien et si on l’arrangeait un peu, elle serait mieux que toutes nos belles. Avez-vous vu la Cosaque Borstcheva ? Elle a épousé le colonel. Charmant ! Quelle dignité ! D’où vient tout cela…

— Je n’ai pas vu Borstcheva, mais selon moi, aucun vêtement ne peut être mieux que celui-ci.

— Ah ! Moi je peux me concilier avec n’importe quelle vie ! — dit Bieletzkï en soupirant joyeusement. — J’irai regarder ce qui se fait là-bas, chez elles.

Il endossa sa robe de chambre et sortit en courant.

— Et vous, pensez aux gâteaux et aux bonbons ! — cria-t-il.

Olénine envoya le brosseur chercher du pain d’épices et du miel, et tout à coup, il lui sembla si vilain de donner l’argent, comme s’il achetait quelqu’un, qu’il ne répondit rien de précis quand le brosseur lui demanda combien il fallait acheter de pain d’épices à la menthe et combien au miel.