Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/220

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XXVII


Avant les vendanges, Loukachka vint à cheval trouver Olénine. Il avait l’air encore plus brave qu’à l’ordinaire.

— Eh bien, tu te maries ? — demanda Olénine en le rencontrant gaîment.

Loukachka ne répondit pas directement.

— Voilà, de l’autre côté de l’eau, j’ai échangé votre cheval. Voilà un cheval ! Un vrai cheval de Kabardine, marque de Lov [1]. Je suis un grand connaisseur.

Ils examinèrent le nouveau cheval, l’essayèrent dans la cour. Le cheval était en effet très beau : un hongre de race, bai, large et long, avec un pelage lustré, une queue épaisse, et la crinière soyeuse, fine. Il était si bien nourri que sur son dos, selon l’expression de Loukachka, il n’y avait

  1. La marque des chevaux de Lov est très estimée au Caucase, car c’est l’un des meilleurs haras du pays. — N. A.