Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/224

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laisserai pas entrer. Tu es venu pour longtemps ?

Il ne répondait pas, mais continuait à l’embrasser.

Elle ne parlait plus.

— Voilà, par la fenêtre, tu ne peux même pas bien m’embrasser, — dit Loukachka.

— Marianouchka, — se fit entendre la voix de la vieille. — Avec qui es-tu ?

Loukachka enleva son bonnet pour ne pas être remarqué et s’accroupit au-dessous de la fenêtre.

— Va-t’en plus vite, — chuchota Marianka.

— Loukachka est venu, — répondit-elle à sa mère. Il demande le père.

— Eh bien ! Envoie-le ici.

— Il est déjà parti, il a dit qu’il n’avait pas le temps.

En effet, Loukachka, à pas rapides, en se courbant, s’éloignait de la cour et se dirigeait vers chez Iamka. Olénine seul le vit. Après avoir bu deux coupes de vin, Loukachka et Nazarka quittèrent la stanitza. La nuit était chaude, sombre et douce.

Ils marchaient en silence. On n’entendait que le pas des chevaux.

Loukachka entonna la chanson du Cosaque Mingal, mais sans finir le premier couplet il s’interrompit et dit à Nazarka :

— Elle ne m’a pas même laissé entrer.