Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/234

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XXIX


On était au mois d’août. Depuis plusieurs jours le ciel était sans nuage. Le soleil dardait ses rayons brûlants, le matin, soufflait un vent chaud qui soulevait dans les fossés et sur la route des nuages de sable brûlant qui se dispersaient à travers les roseaux, les arbres et les stanitza. L’herbe et les feuilles des arbres étaient couvertes de poussière. Les routes et les marais étaient nus et très durs. Depuis longtemps l’eau du Terek avait baissé, courait rapidement et séchait dans les fossés. Les bords de l’étang, piétinés par le bétail, près de la stanitza, se dénudaient.

Toute la journée, on entendait dans l’eau le clapotement et les cris des filles et des garçons. Dans la steppe, les brisants et les roseaux étaient desséchés et le bétail en mugissant dès le jour, s’enfuyait dans les champs. Les animaux sauvages se reti-