Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/238

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— ajouta-t-elle. — C’est Oustenka seule qui travaille hors de force.

— Oh ! ils ne réussiront pas ! — prononça fièrement le vieux.

— Prends, Marianka, — dit la vieille en donnant la cruche à sa fille. — Voilà, Dieu nous aide, nous aurons de quoi faire la noce, — fit-elle.

— On a le temps ! — objecta le khorounjï en fronçant un peu les sourcils.

La fille baissa la tête.

— Mais pourquoi ne pas parler ? — dit la vieille. — La chose est décidée et l’époque du mariage n’est pas déjà si loin.

— Ne t’avance pas, — reprit le khorounjï. — Maintenant il faut travailler.

— As-tu vu le nouveau cheval de Loukachka ? — demanda la vieille. — Celui dont Dmitrï Andréitch lui a fait cadeau, n’existe plus, il l’a changé.

— Non, je ne l’ai pas vu, mais j’ai parlé aujourd’hui avec le domestique du locataire, — dit le khorounjï. — Il dit qu’on a reçu de nouveau mille roubles.

— En un mot, c’est un richard, — opina la vieille.

Toute la famille était gaie et heureuse.

L’ouvrage avançait et se faisait bien. On avait plus de raisin et de qualité meilleure qu’on ne l’avait espéré.

Après le dîner, Marianka donna l’herbe aux