Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/241

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XXX


Bien qu’il n’y eût où s’abriter de la chaleur, que les moucherons, par bandes, voltigeassent dans l’ombre fraîche de la charrette et que le gamin la poussât en se remuant, Marianka, le fichu baissé sur son visage s’endormait déjà. Quand, tout à coup, Oustenka, la voisine accourut vers elle et se glissant sous la charrette, s’allongea à son côté.

— Eh bien, dormons les filles, dormons ! cria Oustenka en s’étendant sous la charrette. — Attends, dit-elle en se relevant, ce n’est pas bien ainsi.

Elle se leva, coupa des branches vertes, les plaça des deux côtés dans les roues de la charrette, et y mit au sommet son bechmet.

— Toi, — va-t’en ! — cria-t-elle au gamin en se glissant de nouveau sous la charrette. — Est-ce la place d’un Cosaque, à côté des filles ! Va-t’en !