Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/244

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cause de toi. Et que t’a-t-il dit encore ? — demanda Oustenka à Marianka.

— Tu veux tout savoir ! — fit en riant Marianka. — Une fois il est venu à cheval, la nuit, à la fenêtre, il était ivre ; il m’a demandé de le laisser entrer.

— Et tu l’as laissé ?

— Mais non, quand j’ai dit quelque chose, c’est dit ! C’est ferme comme un roc — répondit sérieusement Marianka.

— Et comme il est brave ! Il n’a qu’à vouloir, aucune fille ne fera fi de lui.

— Qu’il aille chez les autres ! — répondit fièrement Marianka.

— Ne le plains-tu pas ?

— Je le plains, mais je ne ferai pas de bêtise. C’est mal.

Oustenka, soudain, laissait tomber la tête sur la poitrine de son amie, l’enlaçait, et tout son corps était secoué par le rire.

— Oh ! comme tu es sotte, — prononçait-elle essoufflée — Tu ne veux pas ton bonheur ! Et de nouveau elle se mit à chatouiller Marianka.

— Ah ! laisse, cria Mariana à travers le rire. — Tu as écrasé Lazoutka.

— Ah ! ces diables, elles s’amusent de nouveau et ne restent pas tranquilles, — s’entendait derrière la charrette, la voix ensommeillée de la vieille.

— Tu ne veux pas ton bonheur — répétait Ous-