Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/253

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chose frappa régulièrement la terre glaise sèche de la cour, et de nouveau elle se coucha en respirant, dans le brouillard de la lune… Il se demandait toujours : « Que dois-je faire ? » et se préparait enfin à aller se coucher. Mais un bruit s’entendait, et dans son imagination se montrait de nouveau l’image de Marianka sortant dans la cour par cette nuit de lune embrumée, et de nouveau il se jetait vers la fenêtre, et de nouveau il entendait des pas. Vers l’aube il s’approcha de la fenêtre, poussa le vasistas, accourut vers la porte et en effet, il entendit la respiration de Marianka et ses pas. Il prit le loquet et frappa. Des pieds nus, avec précaution pressant à peine le plancher, s’approchèrent de la porte. Le loquet se souleva, la porte grinça, une odeur de parfums et de courge s’épandit et sur le seuil se montra la haute taille de Marianka. Il l’aperçut un seul moment à la lumière de la lune. Elle frappa la porte en chuchotant quelque chose et s’enfuit à pas légers. Olénine se mit à frapper doucement ; mais personne ne répondit. Il courut à la fenêtre et écouta… Tout à coup, une voix d’homme, aiguë et perçante, le frappa.

— C’est bon ! — fit en s’approchant d’Olénine un jeune Cosaque, pas très grand, en bonnet blanc. — J’ai tout vu. C’est bon !

Olénine reconnut Nazarka et se tut, ne sachant que faire ni que dire.

— C’est bon, j’irai à la chancellerie de la stanitza