Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/254

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je prouverai et raconterai au père. Voilà ce qu’est la fille du khorounjï ; pour elle, c’est peu d’en avoir un.

— Que veux-tu de moi ? Que te faut-il ? — demanda Olénine.

— Rien, seulement je raconterai cela à la chancellerie de la stanitza.

Nazarka parlait très haut, visiblement exprès.

— Voilà le junker, comme il est habile !

Olénine tremblait et pâlissait.

— Viens ici ! viens ici !

Il le prit follement par le bras et le conduisit vers sa cabane.

— Il n’y avait donc rien. Elle ne m’a pas laissé entrer. Et moi, rien… C’est une fille honnête…

— Oh ! c’est pas le temps de raisonner… — dit Nazarka.

— Mais ça ne fait rien, je te donnerai… attends !…

Nazarka se tut. Olénine courut dans sa cabane et rapporta au Cosaque, dix roubles.

— Il n’y avait rien, mais c’est égal, je suis coupable, et voilà : je te donne ! Seulement, au nom de Dieu, que personne ne sache… Oui, il n’y avait rien…

— Soyez heureux — fit en riant Nazarka.

Et il s’éloigna.

Nazarka était venu à la stanitza sur l’ordre de Loukachka, pour préparer un endroit pour un che-