Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/271

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XXXV


Le lendemain était jour de fête. Le soir, toute la population en habits de gala, brillants au soleil couchant, était sur la rue. Le vin avait été tiré en plus grande quantité qu’à l’ordinaire. Les habitants avaient achevé leurs travaux. Les Cosaques s’apprêtaient à partir en expédition dans un mois, dans beaucoup de familles on se préparait à célébrer des mariages.

Sur la place, en face de l’administration de la stanitza et de deux boutiques — l’une de bonbons et de graines de tournesol, l’autre de cotonnades et de châles — la foule était surtout compacte. Sur le seuil de la maison de l’administration ; les vieux en caftans gris et noirs, sans galons ni ornements, étaient assis ou debout. Tranquillement, à voix monotones, ils causaient entre eux des récoltes, des jeunes gens, des affaires du pays, du passé, et regardaient avec majesté et indifférence la jeune gé-