Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/272

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nération. En passant devant eux, les femmes et les jeunes filles s’arrêtaient et inclinaient la tête. Les jeunes Cosaques, respectueusement, ralentissaient le pas, et, ôtant leurs bonnets, les tenaient un moment au-dessus de leur tête. Les vieux se taisaient. Quelques-uns sévèrement, d’autres avec tendresse, regardaient les passants et lentement ôtaient et remettaient leurs bonnets.

Les filles n’avaient pas encore commencé leurs rondes, mais se groupaient en cercles ; et en bechmets de couleurs vives, avec des fichus blancs enveloppant leur tête et cachant les yeux, elles s’asseyaient à terre ou sur les remblais des cabanes, et, se cachant à l’ombre, des rayons obliques du soleil, bavardaient à haute voix et riaient.

Les gamins et les fillettes jouaient à la balle, qu’ils lançaient haut dans le ciel clair, et avec des cris aigus, perçants, couraient sur la place. Les adolescents et les jeunes filles, dans un autre coin de la place, faisaient déjà des rondes et avec des voix aiguës, timides, criaillaient une chanson. Les scribes, les libérés du service militaire et les jeunes gens venus pour la fête, en beaux habits de fête tout neufs, blancs et rouges, brodés de galons, le visage joyeux, se tenant deux ou trois par la main, allaient d’un groupe féminin à l’autre, et, en s’arrêtant, plaisantaient avec les femmes Cosaques. Un marchand arménien, en habits de toile bleue très fine, ornés de galons, était debout