Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/274

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cour, espérant voir Marianka. Mais elle, aussitôt habillée, était allée à la messe ; puis, tantôt assise sur les remblais avec les jeunes filles, elle faisait craquer des grains, tantôt avec ses amies elle venait à la maison et gaiement, tendrement, jetait un coup d’œil sur le locataire. Olénine n’osait pas plaisanter avec elle devant les autres. Il voulait achever la conversation d’hier et recevoir d’elle la réponse définitive. Il attendait le même moment que la veille. Mais ce moment ne venait pas et il ne se sentait pas la force de rester dans cette situation indécise. Elle sortit de nouveau sur la rue, et, peu après, ne sachant lui-même où il allait, il sortit derrière elle. Il passa devant le coin où elle était assise, en bechmet de soie bleue brillant, et, avec une souffrance au cœur, il entendit derrière lui le rire des jeunes filles.

La cabane de Bieletzkï était sur la place. Oiénine, en passant devant entendit : « Entrez » prononcé par la voix de Bieletzkï. Il entra. Ils causèrent un peu et s’assirent tous deux à la fenêtre. Bientôt Erochka en bechmet neuf se joignit à eux et s’assit à terre.

— Voilà, c’est un groupe aristocratique — dit Bieletzkï en désignant avec sa cigarette le groupe bigarré du coin, et en souriant. — La mienne, vous voyez, elle est là-bas, en rouge. C’est un costume neuf.

— Eh bien, quoi ! la ronde ne commence-t-elle