Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/278

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XXXVI


À ce moment, de l’une des rues latérales débouchaient sur la place deux cavaliers. L’un d’eux était Nazarka, l’autre Loukachka. Loukachka était assis un peu de côté sur son gros bai de Kabardine qui trottait légèrement sur la route sèche et secouait sa jolie tête à la fine et brillante crinière. Le fusil bien enveloppé dans son étui, les pistolets derrière la ceinture, le manteau enroulé, enveloppé et attaché à la selle, montraient que Loukachka venait d’un endroit assez lointain et peu pacifique. Dans sa monture de côté, élégante, avec les gestes négligés de la main qui frappait à peine du fouet le ventre du cheval, et surtout à ses brillants yeux noirs qui regardaient en se clignant orgueilleux, s’exprimaient la conscience de la force, la bravoure de la jeunesse. « Avez-vous vu un brave comme moi ? » semblaient dire ses yeux en regardant de côté. Le cheval élégant, caparaçonné d’argent, ses armes, et le beau Cosaque lui-même